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vendredi 29 juillet 2005

Crève

Plus rien ne sort, le vide est partout.

Au retour de l'enfer.

dimanche 24 juillet 2005

Chroniques ordinaires d'un humain quotidien


Première déclinaison : Mes volets restent clos

Les volets mi clos, mon existence se protège des rayons néfastes du soleil, et du dehors. Pour autant qu'il soit comme le dedans, mieux vaut éviter un deuxième drame. Raisonnement logique qui confine à l'endroit une part de mystère, pour qu'il n'en reste rien. Ou qu'il ne reste rien. Tant que je ne suis plus là, le reste importe peu, pourvu qu'on est cette sensation de dominer ce qui nous entoure, qui fait cette pièce. Encore une idée perdue. Encore une journée qui s'annonce passionnante, entre trois phrases gribouillées à la va vite pour faire croire que mon cerveau est une source de poésie en prose ou versifiée. Peu importe la source pourvu qu'on est l'ivresse. Mais l'ivresse est pour plus tard, le matin c'est son enfant, ce putain de rejeton qui donne à l'être une occasion de se frapper le crâne. Ce n'est pourtant pas la première fois, mais l'on tombe dans le piège à chaque fois. Je ferait cramer ce bois inscrit dans ma gueule pour faire crever cette salope qui me tient prisonnier.

Les volets mi clos, mon existence perd tout repère du ciel, et du dehors. Et personne ne passe. Un dimanche midi dans une banlieue résidentielle. Les rues sont comme ma vie, vide, et vide de sens. Quand me viderais-je de mon sang ?

A suivre

mercredi 13 juillet 2005

Vérité générale

Tel est l'un des principaux inconvénients de l'extrême beauté chez les jeunes filles : seuls les dragueurs expériementés, cyniques et sans scrupules se sentent à la hauteur (Michel Houellebecq, "Les particules élémentaires")


Petite nuance à ajouter. "Tel est l'un des principaux inconvénients des jeunes filles."
Encore mieux. "Tel est l'un des principaux inconvénients des filles".
Telle une vérité générale. Sans pour autant rentrer à nouveau, ou tout du moins pas tout de suite, dans le concept de misère sexuelle, il faut avouer que tout ceci n'est pas évident, ça se saurait.
Encore trop tard.

mardi 12 juillet 2005

Là où tout a commencé

Et là où tout a fini.
Sous les pavés la plage. Et sous la plage rien, rien que la haine, la froideur et la torpeur. J'avais prévu un voyage, non pas initiatque, mais riche de réflexions. Il n'en sera rien, je ne partirais pas. Il n'y aura pas de récit en étapes, la seule étape sera le départ et l'arrivée. Les désirs avortés. L'introduction a eu lieu hier, le dénouement s'en est allé loin. Les préléminaires de la misère humaine, le microscope de comportements abjects. Le sable fin, l'étourdissement du soleil, et ces corps qui bronzent. L'eau est froide à mon image. Ne me parlez pas. Ou plutôt si, écoutez moi, recevez ceci en plein où ça fait mal, où l'on a mal. Ces gens qui bronzent pour montrer leurs corps, leurs thunes. Le Soleil provoque une ascension sociale. C'est pourquoi je reste habillé. Les beauf ne bronze pas, il s'expose, il expose son corps à la sois disante convoitise. Regardez-moi, je suis beau. Charogne.
La grisaille est passé et la chaleur m'assomme. Les lunettes de soleil cachent ses yeux tristes qui cherchent desespérement ce qu'ils ne trouvent pas, ce qu'ils ne savent pas. Savent-ils déjà qu'ils cherchent ?
Ca ne change rien, les sourires de façades persistent, mais les langues ne se délient pas. Langue liée, âme déliée. Elle s'enfuit loin d'où je suis. Elle se meurt enfermée dans un carcan inexorablement bloqué.
I don't wanna be a rich. Je ne veux pas ressembler à ces masses immondes qui s'entassent les unes à côté des autres en plein après midi. Montrez-vous bandes de merdes, je vous chie à la gueule. La plage pue le fric et les sentiments éculés. On se plait à croire que l'on est content d'être là, mais ce n'est que poudre aux yeux, maquillage de sale pute. Je vends mon corps pour survivre. Je m'expose pour me croire integré, pour me refaire rejetter.
J'ai perdu les clés de mon coeur et je hais ma destinée. Rien ne m'a touché, rien ne me touchera, je resterais loin de cette prositution légale, l'exhebitionnisme autorisé des jours de fête. Mais je resterais quand même en simple spectateur. Pour admirer le défilé journalier de ces cons sans uniforme. Ou plutôt si, un simple uniforme, le maillot de bain, que l'on ajuste correctement pour suggérer sans tomber dans l'ignominie de ces sans gênes nudistes. Pensez-vous. La plage est comme cette société. On tend la carotte mais on ne la donne pas. On expose des fantasmes sans pouvoir les toucher.
La misère du XXIème siècle est la misère sexuelle. Le libéralisme érotique a remplacé le libéralisme économique.

Où sont les nouveaux marxistes ?

vendredi 8 juillet 2005

L'ivresse


L'ivresse et la paresse. L'ivresse et la vie. La bière, analogie de la vie ? Singulière analogie, mais néanmoins véridique, tout du moins plausible. Dissertation en trois points. Ou plus, ou moins. La trilogie de l'ivresse après la trilogie climatique. Sans lien apparent, mais le liquide en dénominateur commun. Car il faut l'avouer, si l'un existe sans l'autre, on est forcé de dire que le rapprochement est possible. Comme un autre monde. Il paraitrait, enfin pour certains seulement en rêve. Le paradis artificiel selon Baudelaire fait des émules.
Dénominateur commun du mal-être de l'(in)humanité. L'aigreur de la bière ressemble à l'âpreté de la vie, la vraie. Une fille vient de passer, vêtue comme l'été. Cruelle destinée.
L'excès de l'alcool face aux impasses de ma vie. L'ivresse de ce monde que l'on crée pour survivre aux aléas de celui où l'on vit. Mais les deux ont leurs limites, les libertés et leurs barrières. Cette vision trouble qui nous pousse à s'imaginer ailleurs pour quelques heures n'est que le reflet d'un désir intérieur que l'on exalte et transcende.
Boire pour Vivre et Vivre pour Boire.
Les petites vieilles d'à côté parlent d'argent et de thé. Mon thé contient du houblon et mon argent n'est que cimetière. OU funérarium. Le regard des passants et des voisins de banc(s) en dit long sur l'anormalité des relations humaines. La norme est telle que je la viole avec violence comme on se noie dans le désespoir de ce ventre emplit de bières qui crie famine et douleur. Famine de tendresse et douleur aigre. Il crie douleur, cette douleur de trop plein, celle douleur de trop vivre. Une vie de plans de putes qui t'attirent et te rejetent.
Et on dira c'en est rien, ce n'est pas grave, mais au fond de soir et dans la bouche, cette sensation de déjà vu et de souffrance avariée, j'ai l'estomac balloné et la vessie comprimée. On en revient à la bite, qui donne la pisse, qui donne la vie. Et le malheur et les horreurs.
C'en est trop, j'arrête de boire.
C'en est trop, j'arrête de croire.