samedi 25 février 2006

Un samedi de février

samedi 18 février 2006

Morituri te salutant

Est révolu le temps de la snuff littérature. Il ne s'agit plus de vouloir s'assouvir, il s'agit de survivre. Survivre contre les démons d'hier qui sont réapparus. La mort rôde à nouveau de jour comme de nuit, peu importe les conditions de la triptyque climatique. Ce texte ne parlera pas d'alcool, vu qu'il ne descend plus. Ce texte ne parlera pas, il tentera de transcrire. Transcrire ce qui est refoulé à longueur de journées, que l'on ose avouer pour éviter la pitié. Mais toi qui me lit (ou pas), tu ne t'en soucies pas, tu n'oublies pas « qu'à dire vrai tout est parfait » (Sale Temps I, 2005 Sessions). Sauf que plus rien ne sors, ni chapitre, ni épître. Alain Le Goff s'est perdu avec Jock Stewart. Mais je ne suis pas les Pogues. Ni un « canny gun man ». En bref c'est la merde, ici et maintenant, hier et demain.

L'envie de chier par la pine a fui, reste l'envie de crever, à l'instar d'un rat mort. Dans le coin d'un garage où tout le monde m'oubliera, recroquevillé, un rictus déphasé.

Et il pleut sur la Bretagne comme sur le suicide folk. S'est tut le justifié comme la complainte versifié. Seule la guitare résonne pour prostituer Dylan le temps d'une mélopée. Lancinante si possible. Comme ces coeurs qui se vident, ces âmes qui se déchirent. « Est ce qu'on vaudra la peine d'un prière » (8 Ball, Division d'Honneur). Eux peut-être, ils sont célèbres après tout, enfin surtout l'amerloque, mais pour le reste rien n'est moins sûr. L'image d'un insecte rouge conduisant une Rover me traverse l'esprit, et fera rire quelqu'un pour une fois. J'en ai marre de devoir montrer mon cul pour interpeller les gens mais je n'ai pas encore le courage de me saouler en solitaire. La pluie frappe toujours les carreaux et mon âme se lessive. J'avais pas signé pour ça, pour en chier toutes les saisons, et pour me lover dans des amours morts-nés. Dans ces images qui hantent les nuits et les journées. Ca ne sera jamais abordé dans l'égalité des chances. bâtards de droite.

Mourir à 20 ans. Il reste dix mois avant de l'infirmer. Dix mois pour crever, par le flingue ou par la plume. « Rock 'n Roll can never die », mais le proverbe est mensonger, et le suicide folk ne suffit plus à expier. Mon coeur est vide et j'ai des litres de bières. Comme ne le dit pas la chanson. « Mais rien de ceci n'est vrai » sous une pluie battante. Il est temps de crever pour se réveiller demain, oublier la misère d'un quotidien pourri. Où es-tu petite fille. Ou moins petite d'ailleurs. D'où l'ivresse du verbe, quand le vers ne sort plus et que l'on destructure pour un dernier coup d'éclat avant de tout arrêter. Et de s'enterrer. Pour nourrir les vers posthumes d'une célébrité fantasmée sur les succès des autres. Pourrir sous le feu des rampes ou dans le creux d'une liesse, sans plus penser au futur et à la postérité. Je suis un piètre écrivain et un futur cadavre.

Ex nihilo ou de facto.