Par Known Dwarf,
mardi 10 janvier 2006 à 13:14 ::Hate And War
Cependant que s'installe la froideur de l'hiver
Mélopée lancinante comme un cri étouffé
Que la nature enfante, que l'on a mérité
L'incarnation du mal et les démons d'hier
Que ce soit aujourd'hui ou dans ces lendemains
Qui propage la défaite des moments égarés
Tous ces que l'on regrette et qu'on fait ressasser
Comme un enfant qui fuit pour quitter son chagrin
Où es tu petite fille, que la vie a déçu
Comme cette harpie qui pille pour avoir trop vécu
S'il te plaît prend ma main, allons sur les chemins
Où es tu petite fille, fuis tes rêves perdus
Ne sois pas si fautive que le ciel t'ait déchu
Fuyons ces lendemains, fuyons notre destin
Par Known Dwarf,
jeudi 5 janvier 2006 à 12:07 ::Hate And War
Chapitre 2
Le paysage est décrit. Le décor planté, pour reprendre la formule adéquate. Le travail de toute une vie pour être en adéquation avec ce que l'on veut que nous soyons. Pour l'instant il ne s'y passe strictement rien dans cette histoire, Noël était passé, et Alain – appelons-le Alain, ce sera plus simple – vivait toujours une petite vie tranquille. Au coin du feu il écoutait un peu de musique. Gilles Servat - « Je dors en Bretagne ce soir ».
Cette mélodie un peu triste rappelait à Alain sa jeunesse, à une époque où l'on pensait que tout était possible, mais que l'on gardait bien de faire. L'ordre établi restait, il était bien placé pour le savoir. Une voiture brûle de temps en temps, mais la plus grosse ville du coin c'est Lorient, et non Cergy sous Bois. Et les merlus ne sont pas PSG. Tant mieux d'ailleurs pour les collègues d'Alain.
Mais à Lorient comme ailleurs, qu'on y dorme ou y survive, le quotidien reprend sa route pour aboutir à une impasse. La route d'Alain, c'était son métier, et l'impasse sa vie. Mais il fallait continuer à vivre comme si de rien n'était, comme si sa faillite personnelle importait peu vis à vis de l'état d'une société sclérosée. Il fallait rester digne, tout du moins imperturbable. Mais ces derniers mois étaient une épreuve, une de plus, comme si la justice divine s'abattait sur lui, dans ce pays catholique, où l'on chante si bien la mer, qu'un pardon ne suffise. L'absolution est téméraire et la désillusion permanente. Mélange de passé et de présent, si imparfait mais nécessaire. Le spleen cher à Baudelaire trouvait ici son extension, celui de tout un monde, celui d'Alain Le Goff. Un meurtre dans un parc public. L'assassinat de ses dernières illusions, la mort d'un magicien du funeste. Peu importe l'intrigue en fin de compte, ni sa résolution, pourvu qu'il y ai du suspense sur l'avenir et la destinée d'un personnage fictif mais néanmoins terriblement représentatif d'une frange de la population, et pas forcément celle que l'on croit.
Par Known Dwarf,
lundi 26 décembre 2005 à 18:23 ::Hate And War
Chapitre 1
Paysage bocager de type breton (polyculture et élevage). Planter le décor n'est pas le plus important généralement. En Bretagne, une fois sorti des villes, le paysage est le même, et les cultures similaires. Difficile de s'y retrouver. D'où cette nécessité de ne pas sortir des sentiers battus. Pour sa part, Alain Le Goff n'en sortait plus depuis longtemps. Cinquante neuf ans, vingt ans ans de service dans la police judiciaire, une vie rangée, sa petite femme et sa maison coquette, loin du tumulte de l'asphalte grouillant.
Vingt cinq ans de service, et depuis des années une routine bien installée. Mais ce soir là était différent, c'était Noël. Son fils, depuis longtemps émigré à la capitale, ne serait pas là, une fois de plus. Mais après tout, pouvait-on forcer un homme de trente trois ans à revenir en province quand le luxe et les paillettes battaient le tambour de la réussite. Mais ce soir là c'était différent, c'était Noël. Et autre chose. Un autre quotidien, une autre perspective. Une autre issue qu'un accident de la route liant vitesse et alcool, qu'un clochard retrouvé mort sur les berges du Blavet, recraché par le fleuve au niveau de Saint Caradec, où il déborde toujours pendant les longs mois d'hiver.
En ma qualité de narrateur omniscient, je peux vous dévoiler qu'Alain Le Goff ne soupçonnait en rien ce que cette histoire allait bouleverser dans sa vie rangée, sa petite femme et sa maison coquette, loin du tumulte de l'asphalte grouillant.
Par Known Dwarf,
samedi 26 novembre 2005 à 09:58 ::Hate And War
Les froideurs de l'hiver arrivent. On sort les gros manteaux, je sors ma carapace. Fini les nerfs à vifs et les pulsions goupillées. il est temps de déclarer la trêve hivernale, il fait trop froid pour se chauffer à blanc. Laisse moi un peu tranquille et j'essaierais d'un peu t'oublier. J'en suis conscient, la réconciliation est loin d'être possible, mais on peut envisager d'entamer le temps des négociations. Les chairs ne s'exposent plus en ces temps rigoureux, qu'ils soient sales ou récurés, la température de nos désirs ne fera que diminuer. Le grand soir ne viendra pas dans ces conditions, tachons donc d'être réformistes, exposons les concessions sans passer pour des putes, les métaphores sexuelles ne vaudront jamais un radiateur. Soyons misanthropes, n'ayons l'air de rien. La musique comblera, et le comblera bien. Des projets sont fixés pour pouvoir t'éloigner. En ces temps de négociations, abolissons l'esclavage, changeons les bites en beat, fixons nous des limites. Cessons les dialectiques, les maîtres et les esclaves.
Mais je resterais fourbe et sournois pour que crève cette salope qui me tient prisonnier.
Par Known Dwarf,
samedi 29 octobre 2005 à 21:51 ::Hate And War
Fini la littérature con-sensuelle, et les litotes foireuses. Parlons crû, parlons vrai. Fini le désir charnel, ce soir on craque des bassins, le mien en l'occurence. Littérature au couteau, expiation dans le sang des mots. Fini le ON, passons au JE. Je vais me lacérer les veines, ce soir c'est sur. Mais le canif sera l'adjectif. Fini la douceur, bienvenue à la rancoeur, à la haine et à la guerre. La hache est détérée, ce soir ça va saigner.
Souffrance, violence, démence, triptyque vengeresse. Frapper là où ça fait mal, s'exploser les couilles au subjonctif, ravaler sa merde, impérativement et de manière formelle. A défaut de formol. Il n'y aura pas de beauté dans tout cela, pas de phrases bien construites, la prose sera sauvage et expiatrice. Crucifiez moi. La haine sort de mon corps. Je bois j'écris et je dégueules. Au choix. Dans l'ordre qu'on veux. Je crache sur vos tombes et sur celles de vos ancêtres. Tout n'est que colère et vengeance. A nos âmes sacrifiées et nos corps écartelés. La distortion du crayon supplante le cri guttural.
Dans mon lit point de cadavres, il n'y a que moi. Les cadavres sont vivants, et n'y sont jamais venu. Et j'y fais mon trépas, comme à chaque fois. Je branle un morceau de chair morte avant de naitre. Accompagné de ces images qui hante l'imaginaire, on crève, on meurt, et on fornique en c(h)oeur pour le banquet final. S'il restait de l'intellect, mais tout ceci est bestial, et c'est ce qui sauve.
Appuyer là ou ca fait mal, crever en silence et se voiler la face. Je suis une merde comme à chaque fois, c'est la routine c'est le tout c'est la vie on en meurt on en rit comme à chaque fois mais c'est toujours la même chose je suis toujours une merde quoiqu'on y fasse quoiqu'on en veuille. Alors je crie tout seul comme un grand mais personne n'écoute, normal personne n'est là. On s'habitue au bruit des touches qui rythme cette descente aux enfers another day in paradise. Le rock ne peut plus rien la nuit est tombée depuis longtemps et l'ivresse ne tardera pas à venir si les bières descendent toutes comme les précedentes. Dernier recours que l'ivresse, mais ça c'est déjà fait. Je t'encule comme cette putain de faucheuse m'encule à tout instant ce n'est que juste compensation pour tout ce temps passé où tu m'as regardé comme un chien galeux. Tu l'emporteras nul part sauf dans ta tombe et la misère qui t'affligeras seras un bien moindre trépas.
La nuit est tombée
La nuit est tombée, place au Noir et aux Horreurs. On a rien fait de mieux depuis 1983.