vendredi 8 juillet 2005
L'ivresse
Par Known Dwarf, vendredi 8 juillet 2005 à 22:25 :: Hate And War
L'ivresse et la paresse. L'ivresse et la vie. La bière, analogie de la vie ? Singulière analogie, mais néanmoins véridique, tout du moins plausible. Dissertation en trois points. Ou plus, ou moins. La trilogie de l'ivresse après la trilogie climatique. Sans lien apparent, mais le liquide en dénominateur commun. Car il faut l'avouer, si l'un existe sans l'autre, on est forcé de dire que le rapprochement est possible. Comme un autre monde. Il paraitrait, enfin pour certains seulement en rêve. Le paradis artificiel selon Baudelaire fait des émules.
Dénominateur commun du mal-être de l'(in)humanité. L'aigreur de la bière ressemble à l'âpreté de la vie, la vraie. Une fille vient de passer, vêtue comme l'été. Cruelle destinée.
L'excès de l'alcool face aux impasses de ma vie. L'ivresse de ce monde que l'on crée pour survivre aux aléas de celui où l'on vit. Mais les deux ont leurs limites, les libertés et leurs barrières. Cette vision trouble qui nous pousse à s'imaginer ailleurs pour quelques heures n'est que le reflet d'un désir intérieur que l'on exalte et transcende.
Boire pour Vivre et Vivre pour Boire.
Les petites vieilles d'à côté parlent d'argent et de thé. Mon thé contient du houblon et mon argent n'est que cimetière. OU funérarium. Le regard des passants et des voisins de banc(s) en dit long sur l'anormalité des relations humaines. La norme est telle que je la viole avec violence comme on se noie dans le désespoir de ce ventre emplit de bières qui crie famine et douleur. Famine de tendresse et douleur aigre. Il crie douleur, cette douleur de trop plein, celle douleur de trop vivre. Une vie de plans de putes qui t'attirent et te rejetent.
Et on dira
c'en est rien, ce n'est pas grave, mais au fond de soir et dans la bouche, cette sensation de déjà vu et de souffrance avariée, j'ai l'estomac balloné et la vessie comprimée. On en revient à la bite, qui donne la pisse, qui donne la vie. Et le malheur et les horreurs.
C'en est trop, j'arrête de boire.
C'en est trop, j'arrête de croire.
